Une histoire d’indienne

Je vais vous conter mon histoire d’indienne…
Une indienne qui un jour décide de quitter le tipi de la famille pour voler de ses propres ailes. Elle ressent ce besoin de se mettre en marche vers la terre de ses ancêtres, vers son destin, même si elle ne sait pas encore où elle va. Elle marche dans les grandes plaines, traverse des forêts, gravit des montagnes…

Les jours se suivent et elle poursuit ses pérégrinations, marchant vers ce pont qui ouvre dit-on, vers son destin. Son rythme est d’abord intense, fougueux, elle ne sait pas encore ménager sa monture pour tenir la longueur. Son corps, tel un temple sacré est là, lui, pour lui montrer les limites et lui apprendre un chemin que seule l’initiée qui se respecte a le droit de pénétrer. Elle apprend à entendre et à sentir ces limites qui se présentent, et elle découvre que son meilleur guide est son corps. Partout il l’accompagne et tout le temps il lui indique ce qui est bon ou non pour elle.

Ce chemin est aussi pour l’indienne un moyen de s’ouvrir et de se connecter corps et âme avec l’esprit de la nature. Les arbres, le chant des oiseaux, un serpent qui croise sa route sont autant d’occasions de s’émerveiller de la puissance de la vie.  Au fil des jours, l’indienne s’allège du poids des mémoires qu’elle porte en elle et elle revient peu à peu à son essentiel, à son unicité. Le sens qui la guide dans cette découverte est le toucher.

Au début cela ressemble à un appel : ses mains se mettent à chauffer au contact des autres. Quand elle va plus loin, elle s’aperçoit que ses mains peuvent aussi soulager les douleurs et les tensions. Dans cette exploration elle se sent accompagnée par la libellule qui est toujours là pour la rassurer quand elle prend peur de ce qui se transforme sous ses doigts ou qu’elle ose sculpter des sentiers de vie sur des corps qui cheminent vers le royaume des ombres. La libellule la ramène au présent, à la simplicité, à la légèreté. L’indienne comprend qu’elle a rencontré son animal totem. La libellule a sûrement toujours été là, mais maintenant elle en a conscience et elle pourra s’appuyer sur elle pour aller de l’avant. Et puis il y a l’ours, son compagnon de toujours, à la fois doux, sauvage et puissant, qui lui insuffle les puissantes forces de la Terre et qui l’amène au contact des cycles de la nature.

C’est ainsi que dans mon périple d’indienne, j’ai compris ma mission de Vie. Révéler de cette nature sauvage qui sommeille au creux de notre corps fait partie de mon devoir d’indienne, de mon chemin de gardienne, et surtout de ma joie d’être enfin moi et de me révéler dans toutes mes nuances.